Le prélèvement forcé d'organe
L'homme est t'il le maître de son propre corps et de ses
organes ? Toute porte à croire que non. En effet, depuis peu longtemps, plus
précisément le 19 mars 2015, un amendement a été adopté par la commission des
affaires sociales de l'Assemblée nationale. Cet amendement renforce le principe
du consentement présumé au don d'organes. L'avis de la famille ne sera donc
plus consulté au sujet du don d'organe de leurs proches décédés. Cette
évolution législative est inquiétante
pour bon nombre de personnes puisqu'elle concerne nos libertés individuelles.
En effet, maintenant, La non-inscription sur le registre
national du refus serait considéré, en toutes circonstances, comme l’expression
présumée ou tacite d’un consentement au don d’organes. Un décret en Conseil
d’État fixera avant le 1er janvier 2017 les modalités d’expression et de
révocation de refus.
Cette loi impose tous adultes automatiquement comme un donneur, et
seule l'inscription sur le registre national du refus empêcherait le
prélèvement obligatoire de nos organes. Nous l'avons vu précédemment, avant
cette décision, l'avis de la famille était en toute circonstance demandée et si
cette dernière s'opposait à l'opération les médecins n'étaient pas autorisés à
extraire les organes convoités.
En modifiant cette loi, tout le principe du don d'organe est
modifié, le nom de cette pratique ne convient donc plus puisqu'il ne s'agit
plus d'un "don", mais plutôt d'une obligation. Cela constituait en un
acte de générosité et d'altruisme sans pareil. Pour au final devenir une
action, presque imposée par l'Etat. Et le but recherché à savoir compenser un
manque flagrant d'organes pourrait produire l'effet inverse. Puisque, en somme,
notre corps nous appartient de notre vivant, et appartiendra à nos descendants
une fois mort, C'est donc à eux de prendre la décision, pas à l'Etat. Or en les
privant de leurs consentements, la famille du défunt peut se sentir méprisée,
voir volée, et un ancien donneur se sentant contraint pourrait s'inscrire sur
le registre national du refus.
Nous avons aussi vu lors de nos sondages, et dans de
récentes statistiques, que la population française était très peu renseignée
sur les lois concernant le don d'organe. En 2015, seulement 13/100 de la
population connaissait la loi de 1976 concernant les prélèvements. Avec cette
nouvelle loi, le manque d'informations serait donc une solution immorale à la
pénurie de greffe, puisque sans le savoir chaque personne, même celles opposées
au don d'organe deviendraient des donneurs potentiels une fois mortes.
Mais certains pays poussent le principe du don d'organe
automatique encore plus loin. C'est notamment le cas de la Chine. Qui jusqu'au
1er Janvier 2015 prélevait la plupart du temps les organes de ses prisonniers
condamnés à mort. Sans aucune possibilité de refus.
Voilà pourquoi nous devons nous poser cette question.
"Devons nous sauver des vies, même si pour cela nous devons tuer notre
propre liberté ?" Car même pour le patient, le fait de recevoir un organe
d'une personne non consentante, de ce fait de le priver d'un de ses droits les
plus légitimes peut sérieusement le faire culpabiliser sur le fait de recevoir
un organe.
La xénogreffe
Depuis plusieurs dizaines d'années, le nombre d'organes
prélevés sur des donneurs décédés est insuffisant pour tout les patients qui
attendent de bénéficier d'une transplantation. Des organes humanisés provenant
d'animaux deviendront peut-être une source d'organes salvateurs. Voilà pourquoi
il serait intéressant d'étudier, la xénogreffe, cette pratique encore
inexploitée, mais envisagée par bon nombre de scientifiques, et voir si cette
opération est la création d'une chimère biologique ou simplement une
modification corporelle poussée à l'extrême.
Le sens commun attribué à l’expression modifications
corporelles, sous-entend généralement la volonté individuelle d’actions sur le
corps, qu’elles soient réalisées par l’individu lui-même épilation, maquillage,
bodybuilding…), par une personne non affilié au corps médical piercing,
tatouage, scarification…), ou par un professionnel de la santé, (chirurgie,
gynoplastie...) Cependant, nous pouvons également élargir cette définition en
rajoutant les démarches servant à soigner un corps malade, ou bien à remplacer
une partie dysfonctionnelle, par exemple avec la mise en place de prostates ou
alors le remplacement d'un organe à l'aide d'une greffe.
Ces dernières modifications interrogent l'homme sur son rapport au
corps, son intégrité est rompue par l'introduction d'une relation :
- machine/homme. Dans le cas d'une prothèse, ou d'un cœur
artificiel.
- homme/homme. Dans le cadre d'une allogreffe (donneur et
receveur).
-homme/animal. Pour une xénogreffe.
Ce dernier type de modification corporelle, entraine la
plupart du temps des réactions excessives de la part des medias, ne serait ce
que pour la transgression des barrières entre les espèces. Ainsi ébranlée, cela
pourrait engendrer des risques de développement chez l'homme de maladies
animales, ou d'autres problèmes liés à la différence entre les deux espèces.
La xénogreffe d'un organe, malgré les nombreux progrès techniques
ne reste encore qu'un fantasme pour les scientifiques, cette pratique consiste
en la transplantation d'un
greffon où le donneur est d'une espèce biologique différente de celle du
receveur. Pour l'homme le greffon animal idéal est celui du porc, à cause de la
taille de ses organes particulièrement proche des nôtres.
La question reste donc, vu la pénurie actuelle des organes
dans le monde, avons nous le choix de nous montrer exigeants, sur l'origine de
notre futur greffon, mieux vaut patienter jusqu'à l'annonce d'une possible
future intervention issue d'une allogreffe, au risque d'une opération trop
tardive et d'une mort précoce. Ou bien de l'acceptation d'un organe issu d'une
espèce différente de la notre, de certes renoncer à des principes primaires,
mais de continuer à vivre.
Acheter un organe
Face à cette pénurie, un moyen des plus inhumains à été mis
en place : le trafic d'organes. Cette pratique non légale est principalement
appliquée dans les pays sous développés, et consiste à prélever des organes aux
cadavres (sans le consentement de
la famille) ou aux vivants (sans la garantie d'une opération sans
risques) pour les revendre à des
sommes astronomiques et les
greffer à des riches ayant un organe dysfonctionnel. Le prix d'un rein est aux
alentours de 160 000 dollars. Les
pratiquants de ce trafic lucratif font donc pression sur des personnes en
situation de pauvreté pour les inciter à vendre leurs organes. Des humains sont
vendus comme pièces détachées pour répondre à la demande des riches malades en
attente de transplantations. Ce trafic d'organes est également en plein essor
dans les pays pauvres car des chirurgiens des pays riches leur promettent une
qualité de vie meilleure alors que c'est tout l'inverse. Le trafique d'organes
est donc un marché inégal, où seuls les riches peuvent bénéficier d'un "produit".
Et emploient des procédures à l'encontre de la plupart de lois pour récupérer
les organes convoités.
En opposition au trafic d'organes ou aux dons d'organes, il
existe la vente d'organes qui
comme son nom l'indique consiste à vendre ses organes en toute légalité, elle
est pratiquée notamment en Iran. Nous allons voir les principaux arguments des
partisans et des opposants à la vente d'organe :
Partisans : Pour
eux, autoriser la vente d'organes permettrait la suppression du marché noir et
des vols d'organes. Selon les libertaires (partisans de la liberté absolue), l'interdiction à la vente d'organes est
une atteinte à la liberté de chacun de disposer de son corps. Chaque individu a
le droit d'utiliser son corps pour en tirer profit et en abuser (drogue,
suicide, mutilation). Cependant cela implique que celui ci assume ses
responsabilités et donc qu'il n'en fasse pas supporter le coût à la communauté
par la sécurité.
Opposants : Les
arguments contre la vente d'organes sont ceux qui ont mené à son interdiction.
Notamment, des questions d'éthique où les opposants considèrent que les organes
ne sont pas "une marchandise comme une autre". "Leurs reins sont
vendus au prix de 1000$ soit le prix d'une moto ou encore la valeur d'une
télé." Voilà ce qui est affirmé! L'homme deviendrait donc une sorte de
monnaie d'échange, un bien comme autre, qualifié de simple objet.
L'International Transplantation Society déclarait dès 1970 que la vente
d'organes d'un donneur vivant ou mort n'est en aucun cas justifiable. L'OMS
(Organisation Mondiale de la Santé) a adopté une position similaire en disant
que le corps humain et les parties de ce dernier ne peuvent pas faire l'objet
de transactions commerciales.
Nous avons donc vu qu'il est
possible d'acheter des organes de façon légale et illégale. Mais dans ces deux
circonstances cela nous pose un sérieux cas de conscience et de moralité.
Acheter un organe abaisserai l'homme à l'état d'objet, de marchandise ne
servant qu'à guérir ses propres plaies. Et surtout le fait que la greffe doit
être une étape importante pour la vie du malade. Donc faire de cette phase, une
opération illégale, dans des établissements ne garantissant pas les soins
nécessaires, peut affecter considérablement l'état de santé du patient.