La greffe est souvent vécue comme une seconde
naissance. De nos jours, bien qu'une personne soit greffée, elle peut reprendre
une vie presque normale. Certes, elle fait gagner en espérance de vie, mais
elle retrouve l'envie de faire certaines choses. En effet, elle peut refaire du
sport, avoir des enfants, reprendre une activité professionnelle...
Une durée de vie supplémentaire :
Le premier des avantages est la
durée de vie supplémentaire qu'offre la greffe. Certaines personnes greffées du
cœur peuvent être heureuses d'avoir vécu 20 ans supplémentaires avec leur greffon (partie de l'organisme prélevée afin de le greffer), en ayant
profité de la seconde vie qui leur était offerte. De plus, leur qualité de vie
est améliorée de façon spectaculaire, bien qu'elles ne soient jamais guéries.
Même si la greffe est pratiquée
depuis de nombreuses années (voir a), la survie des receveurs et leur qualité
de vie ne cessent de s'améliorer. Ces dernières années, la vie d'une personne
greffée est nettement plus agréable et proche d'une vie normale qu'il y a 30
ans grâce à l’amélioration de la médecine. Chaque greffe est un cas unique, qui
a ses propres avantages. Par exemple, recevoir un rein, c'est éviter la dialyse (épuration artificielle du sang, un traitement dur à supporter). Recevoir
un cœur, c'est échapper à la mort, tout comme recevoir des poumons.
Une reprise de la scolarité ou de l'activité professionnelle :
Un des autres avantages est
de pouvoir reprendre une scolarité normale pour des patients étudiants. Après
tout ce temps passé à l'hôpital, ou avec de longues périodes d'hospitalisation
durant l'année scolaire, les patients ont perdu le fil de leur scolarité. Il
est impossible de pouvoir rattraper leurs cours ou avec de nombreuses
difficultés, après un séjour à l'hôpital. Ainsi la greffe leur permet de
pouvoir retourner à l'école comme les autres enfants de leur âge, se faire des
amis, suivre des cours normalement.
De même pour les adultes,
ils peuvent reprendre parfois, suivant leur état de santé et leur métier, leur
activité professionnelle. La majorité des transplantés décident de reprendre leur
travail, souvent par désir d'être « comme les autres ». Mais
reprendre un emploi à plein temps est difficile, il faut donc réaménager son
emploi du temps de travail. Cette reprise à temps partiel s'appelle un mi-temps
thérapeutique. C'est la caisse de la Sécurité Sociale qui verse des indemnités
pour les périodes non-travaillées. Le patient est donc rémunéré à plein temps.
C'est un médecin de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie qui donne son accord
ou non pour le mi-temps, demandé par le médecin traitant.
Les transplantés ne
bénéficient pas obligatoirement du statut de travailleur handicapé ou d'une
carte d'invalidité, la loi étant trop vague à ce sujet, et cela dépend de
l'histoire du malade.
Pratiquer un sport :
Après une greffe, pratiquer une
activité physique régulière est une bonne chose, et elle est souvent encouragée
par les médecins. Le premier avantage est thérapeutique : réhabituer le corps à
l'effort et aux gestes courants. Le second est psychologique :
« réconcilier la personne greffée avec son corps ». L'activité
physique donne au patient une impression de bien-être. Cette reprise de
l'activité physique doit se faire progressivement, pour que la personne greffée
apprenne à suivre son propre rythme.
L'un des plus beaux
avantages est celui de pouvoir avoir des enfants. Cela n'est pas sans risques,
mais c'est à nouveau possible. Enfin, il faut savoir que, malheureusement, dans
50% des cas, les bébés naissent prématurément, et sont plus petits que les
autres bébés. Cela est dû à un retard de croissance durant la grossesse.
Parfois, des complications peuvent avoir lieu, après la grossesse. On conseille
le plus souvent d'attendre deux ans après la transplantation, avant d'envisager
une grossesse. Le traitement devra aussi être revu, afin d'éviter une
malformation du fœtus à cause de médicaments anti-rejet. Le suivi sera
important, il faut compter un suivi régulier après l'accouchement.
L'accouchement ne peut pas se faire dans n'importe quel hôpital. Avoir un bébé
après une greffe est donc possible, il suffit juste de prendre quelques
précautions.
Certes, durant les quelques premiers mois qui suivent la
sortie de l'hôpital, le suivi est dur, il faut se rendre régulièrement à des
visites médicales et à des examens. Mais c'est beaucoup moins lourd que le
suivi de la maladie avant la greffe. Il s'agit juste de s'assurer que tout se
passe bien, et de détecter le plus tôt possible une éventuelle complication.
Les transplantés consultent leur chirurgien une fois par semaine au début
pour faire un examen clinique. Cette consultation permet de revoir les dosages
des médicaments qui diminuent au cours des premiers mois de la greffe. A partir
du deuxième trimestre, si tout se passe bien, les consultations s'espacent, et
l'on revoit le chirurgien tous les mois, puis tous les deux ou trois mois après
la première année.
Tous les ans, des « bilans » approfondis sont effectués.
Et régulièrement, on réalise des examens sanguins qui permettent de contrôler
de nombreux facteurs : médicaments, …
La greffe n'est donc pas une simple opération. La greffe
n’est donc pas véritablement une guérison complète. Une personne greffée n’est
pas pour autant guérie. Mais elle offre une seconde vie.
