I)c) Les inconvénients de la greffe

Comme nous l'avons vu précédemment, la greffe d'un organe est un évènement positif bouleversant la vie du receveur, C'est une sorte de nouvelle naissance qui lui  permettra notamment de vivre plus longtemps en remplaçant son organe défectueux, par un autre fonctionnel, que l'on nommera  le greffon. Mais cette nouvelle vie offerte n'est pas toujours rose, cette opération changera à jamais la façon de vivre du receveur.                                                                          En effet Avant l'annonce de la greffe, pendant la période postopératoire, et après l'opération, La famille et le patient lui même, seront contraint à de nombreux désavantages, Qu’ils soient Budgétaires, Psychologiques ou duent aux maladies. Voilà pourquoi il serait intéressant après avoir étudié les avantages d'une greffe, d'en noter les inconvénients.
Le rejet
  Le principal risque dû à l'intervention est celui du rejet de greffe. En effet nôtre organisme supporte très peu les "corps étranger". Lorsque ceux-ci sont détectés, le système immunitaire est chargé de s'en débarrasser, comme pour les virus ou les bactéries. On peut donc parler de rejet lorsque les globules blanc attaquent puis détruisent le greffon. C'est un phénomène naturel. le greffon ne sera jamais reconnu comme faisant parti de l'organisme. Il n'y a pas de temps défini pour l'apparition d'un rejet, il peut avoir lieu quelques heurs ou plusieurs années après la greffe, c'est pourquoi Le patient devra prendre des antirejet pour éviter que le système immunitaire veuille se débarrasser du greffon. Ce phénomène est réversible en adaptant le traitement. Si la réaction au greffon n'est pas maitrisée, elle peut conduire au rejet de ce dernier, ou à la mort du patient. Voilà pourquoi plus l'organe du donneur et l'organisme du receveur sont compatibles, plus le risque de rejet ne sera faible.
Les rejets sont de plus en plus rares du fait de la technique de greffe de mieux en mieux maîtrisée et surtout des progrès des traitements. Par ailleurs, on sait les diagnostiquer tôt et les traiter. Ils ne conduisent au décès que rarement.
  Les principaux antigènes de transplantation sont les antigènes d'histocompatibilité, appelés antigènes HLA.
Ces antigènes sont des molécules présentes sur l'ensemble de nos cellules, très polymorphes au niveau de l'espèce humaine, ce qui en d'autres termes signifie que la probabilité que deux individus non apparentés soient HLA identiques, est un événement exceptionnel.
Le système HLA pourrait ainsi être considéré comme une carte d'identité biologique, permettant de différencier les individus entre eux.
Ceci explique qu'en situation de greffe d'organe, le greffon étant le plus souvent issu d'un Donneur non apparenté, les différences dans le système HLA entre le Donneur et le Receveur (appelées aussi incompatibilités) existent et vont stimuler la réaction de rejet immunologique du Receveur.
Des différences dans d'autres systèmes antigéniques que le système HLA sont également capables de stimuler cette réaction de rejet immunologique. Citons pour exemple le système des groupes sanguins ABO dont le pouvoir stimulant est également très fort en cas d'incompatibilité.
Heureusement dans ce dernier cas, compte tenu du polymorphisme beaucoup moins étendu de ce système, il est plus facile de respecter l'appariement compatible du Donneur et de son Receveur
  Il existe trois types de rejets :
  Le rejet hyper aigu
Il survient dans les heures qui suivent la transplantation. Essentiellement en transplantation rénale et semble plus rare en transplantation cardiaque ou hépatique. La conséquence en est au niveau du rein la thrombose des artères et la nécrose hémorragique du greffon nécessitant la transplantectomie d'urgence. Il n'existe pas de traitement curatif. Le seul traitement est préventif.
  Le rejet aigu
Il peut survenir à partir du 4e jour après l'opération. Après une transplantation cardiaque, le rejet aigu se déclare le plus souvent dans les 6 premiers mois, et en général le 7ème jour après la transplantation. Il se traduit par une perturbation de l'organe transplanté.
  Le rejet chronique
Plus les rejets aigus ont été nombreux, plus celui-ci sera précoce. Il consiste en une lente détérioration fonctionnelle du greffon. Ce qui au bout de quelques dizaines d'années conduit à la perte de l'organe transplanté. Les médicaments immunosuppresseurs (a la capacité de réduire les réactions spécifiques de l'oragnisme) ralentissent cette évolution, mais ne suppriment pas ce processus.

 L'état psychologique
Pour subir une greffe, il faut s'inscrire automatiquement sur une liste d'attente. Et tout les patients souffrent d'une maladie grave, invalident, qui peut être fatale à plus ou moins court terme. Cette situation, met donc à rude épreuve la résistance physique et morale de la famille qui vit dans l'inquiétude d'un donneur trop tardif. Mais ce n'est pas tout, les transplantations d'organes vont à l'encontre des lois de la nature et de l'éthique humaine en transgressant deux lois tabou : Celle de respecter l'intimité corporelle, marqué par l'interdit de la dissection des cadavres, et celui du respect des formes spontanées du vivant, marqué par l'interdiction de la fabrication de chimère biologiques (deux groupes de cellules distinct). Donc bénéficier des organes sur un corps en mort cérébrale ou chez un donneur vivant, induit des réactions émotionnelles d'une extrême complexité.

Avant la greffe, le patient a des peurs liées à l'attente il se demande si on va l'appeler, bien qu'il soit inscrit, combien de temps à attendre avant d'être greffé, et la peur de l'échec de la greffe.

La période postopératoire n'est pas moins facile car, bien qu'il soit soulagé d'avoir pu bénéficier d'une transplantation, le patient a d'autres angoisses, liées à une dose massive de médicaments ou aux risques liés à la greffe. Le greffon n'est pas toujours toléré par l'organisme, et privés de ses défenses immunitaires, le malade n'est pas sûr de résister à une éventuelle infection.
Quand on leur parle d'avenir, les personnes greffées restent parfois songeuses, surtout les plus jeunes. Certains pensent que leur organe tiendra toute une vie... Les médecins sont là pour leur rappeler que ce n'est pas une perspective très réaliste.
  Après l'intervention, le patient peut présenter des symptômes de confusion mentale, de dépression, voire traverser un épisode psychotique (maladie mentale) qui se manifeste par un délire plus ou moins important. Ces troubles sont le plus souvent présents sur les transplantés cardiaques, cardio-pulmonaires et hépatiques. Ils sont dus à un long séjour en réanimation et par les doses massives de cyclosporine (médicament immunosuppresseur) qui leur sont administrées pour éviter le rejet (antidépresseurs, neuroleptiques ou anxiolytiques).
Dans certains cas, après que le transplanté retourne dans son foyer, il peut être habité par l'angoisse de la mort, il est si terrifié à l'idée de perdre le greffon qu'il ne parvient pas à reprendre pied, il est l'affût du moindre signe annonciateur de complications. et ne parvient plus à retrouver une vie normale. Mais même si certains considèrent pendant longtemps que cet organe est étranger et ont du mal à se l'approprier, il ne faut pas généraliser car dans bien des cas, les patients ne ressentent pas de troubles et reprennent une vie sereine.
Pour limité les problèmes psychologiques liés à la greffe, tout les patients bénéficient d'un entretient systématique lors du bilan de pré transplantation. Mais dans la pratique, tous les services de transplantations ne dispose pas d'un psychologue attitré. Ainsi, certains patients bénéficient encore d'une greffe sans aucun soutien ni suivi psychologique.

3) Les traitement
  Le Traitement ce fait par des immunosuppresseurs. L'objectif est d'affailir le système immunitaire du greffé en réduisant ses défenses immunitaires, afin qu'il ne puisse pas combatre le greffon, tout en le gardant à un seuil assez élevé pour qu'il puisse maintenir son rôle qui consiste à proteger l'organisme. Ce traitement compliqué à équilibrer devra tenir jusqu'à la fin de la duré de vie du greffon. En prenant ces médicaments le patient sera contraint a une hygiène de vie très rigoureuse, interdiction du tabac, limitation de l'alcool et un contrôle du poids stricte. Le patient devra aussi prendre impérativement ses médicaments tous les jours, et l'ordonance qu'il reçevra doit être parfaitement respectée (nombre et heures de prise). Il faut prendre des comprimés toutes les douzes heures, donc toujours les avoirs sur soi. Le patient doit donc être « discipliné », Il devra être prudent, surtout pendant les semaines suivant l'opération. Car des études montrent que dans un cas sur trois, l'échec d'une greffe est dû au non respect du traitement par le patient.
  Il n'existe pas de traitement spécifique après une greffe, cela dépendra de l'organe transplanté et du système immunitaire du patient. il aura donc une ordonnance spécifique. Et c'est l'association de plusieurs médicaments qui va être prescrite par le médecin.
  Chaque molécule à ses effets secondaires (par exemple : impossibilité de rester longtemps au soleil, verrues..), et l'immunosuppression a ses effets indésirables également. En effet, le risque d'infections et cancers n'est pas négligeable. Mais une surveillance quotidienne et un traitement adapté garantirons de limiter ces effets. Les médicaments ayant pour but de réduire les défenses immunitaires du patient le rendent extrêmement sensible à toutes les agressions extérieures. C'est pour cela qu'il doit se rendre immédiatement chez son médecin au moindre signe d'infection bactérienne, virale, ou due à un champignon. A la moindre douleur ou fièvre, le patient devra également se rendre chez le médecin. Car ces derniers peuvent être le symptôme d'une réaction négative au traitement. Plus les traitements sont pris tôt, mieux on en vient à bout.
  Certains patients réagissent mieux que d'autres au traitement ou résistent plus aux infections. d'autres supportent plus facilement les effets secondaires des médicaments. Tous réagissent d'une façon différente au traitement. Voilà pourquoi la vigilance du patient ne devra jamais être relâchée.


  Il faut aussi noter que lorsque l'on est  sous un traitement immunosuppresseur, les précautions dans la prise des médicaments est primordiale. Car le fait d'absorbé plusieurs types de médicaments en même temps. Donc en quelque sorte de les mélanger, peut provoquer une modification des propriétés des médicaments, ce qui pourrait les rendre toxiques.