Comme nous l'avons vu précédemment, la greffe d'un organe est un
évènement positif bouleversant la vie du receveur, C'est une sorte de nouvelle
naissance qui lui permettra notamment de vivre plus longtemps en
remplaçant son organe défectueux, par un autre fonctionnel, que l'on
nommera le greffon. Mais cette nouvelle vie offerte n'est pas toujours
rose, cette opération changera à jamais la façon de vivre du
receveur.
En effet Avant l'annonce de la greffe, pendant la période postopératoire, et
après l'opération, La famille et le patient lui même, seront contraint à de
nombreux désavantages, Qu’ils soient Budgétaires, Psychologiques ou duent aux
maladies. Voilà pourquoi il serait intéressant après avoir étudié les avantages
d'une greffe, d'en noter les inconvénients.
Le rejet
Le principal risque dû à l'intervention est celui du rejet
de greffe. En effet nôtre organisme supporte très peu les "corps
étranger". Lorsque ceux-ci
sont détectés, le système immunitaire est chargé de s'en débarrasser, comme
pour les virus ou les bactéries. On peut donc parler de rejet lorsque les
globules blanc attaquent puis détruisent le greffon. C'est un phénomène
naturel. le greffon ne sera jamais reconnu comme faisant parti de l'organisme.
Il n'y a pas de temps défini pour l'apparition d'un rejet, il peut avoir lieu
quelques heurs ou plusieurs années après la greffe, c'est pourquoi Le patient
devra prendre des antirejet pour éviter que le système immunitaire veuille se
débarrasser du greffon. Ce phénomène est réversible en adaptant le traitement.
Si la réaction au greffon n'est pas maitrisée, elle peut conduire au rejet de
ce dernier, ou à la mort du patient. Voilà pourquoi plus l'organe du donneur et
l'organisme du receveur sont compatibles, plus le risque de rejet ne sera
faible.
Les rejets sont de plus en plus rares du fait de la technique de
greffe de mieux en mieux maîtrisée et surtout des progrès des traitements. Par
ailleurs, on sait les diagnostiquer tôt et les traiter. Ils ne conduisent au
décès que rarement.
Les principaux antigènes de transplantation sont les antigènes d'histocompatibilité, appelés antigènes HLA.
Ces antigènes sont des molécules présentes sur l'ensemble de nos cellules, très
polymorphes au niveau de l'espèce humaine, ce qui en d'autres termes signifie
que la probabilité que deux individus non apparentés soient HLA identiques, est
un événement exceptionnel.
Le système HLA pourrait ainsi être considéré comme une carte d'identité biologique,
permettant de différencier les individus entre eux.
Ceci explique qu'en situation de greffe d'organe, le greffon étant le plus
souvent issu d'un Donneur non apparenté, les différences dans le système HLA
entre le Donneur et le Receveur (appelées aussi incompatibilités) existent et
vont stimuler la réaction de rejet immunologique du Receveur.
Des différences dans d'autres systèmes antigéniques que le système HLA sont
également capables de stimuler cette réaction de rejet immunologique. Citons
pour exemple le système des groupes sanguins ABO dont le pouvoir stimulant est
également très fort en cas d'incompatibilité.
Heureusement dans ce dernier cas, compte tenu du polymorphisme beaucoup moins
étendu de ce système, il est plus facile de respecter l'appariement compatible
du Donneur et de son Receveur
Il existe trois types de rejets :
Le rejet hyper aigu
Il survient dans les heures qui suivent la transplantation.
Essentiellement en transplantation rénale et semble plus rare en
transplantation cardiaque ou hépatique. La conséquence en est au niveau du rein
la thrombose des artères et la nécrose hémorragique du greffon nécessitant la transplantectomie d'urgence. Il n'existe pas de traitement
curatif. Le seul traitement est préventif.
Le rejet aigu
Il peut survenir à partir du 4e jour après l'opération. Après une
transplantation cardiaque, le rejet aigu se déclare le plus souvent dans les 6
premiers mois, et en général le 7ème jour après la transplantation. Il se
traduit par une perturbation de l'organe transplanté.
Le rejet chronique
Plus les rejets aigus ont été nombreux, plus celui-ci sera
précoce. Il consiste en une lente détérioration fonctionnelle du greffon. Ce
qui au bout de quelques dizaines d'années conduit à la perte de l'organe
transplanté. Les médicaments immunosuppresseurs (a la capacité de réduire les réactions spécifiques de l'oragnisme) ralentissent cette évolution, mais ne
suppriment pas ce processus.
L'état psychologique
Pour subir une greffe, il faut s'inscrire automatiquement sur une
liste d'attente. Et tout les patients souffrent d'une maladie grave,
invalident, qui peut être fatale à plus ou moins court terme. Cette situation,
met donc à rude épreuve la résistance physique et morale de la famille qui vit
dans l'inquiétude d'un donneur trop tardif. Mais ce n'est pas tout, les
transplantations d'organes vont à l'encontre des lois de la nature et de
l'éthique humaine en transgressant deux lois tabou : Celle de respecter
l'intimité corporelle, marqué par l'interdit de la dissection des cadavres, et
celui du respect des formes spontanées du vivant, marqué par l'interdiction de
la fabrication de chimère biologiques (deux groupes de cellules distinct). Donc bénéficier des organes sur un corps
en mort cérébrale ou chez un donneur vivant, induit des réactions émotionnelles
d'une extrême complexité.
Avant la greffe, le patient a des peurs liées à l'attente il se demande si on va
l'appeler, bien qu'il soit inscrit, combien de temps à attendre avant d'être
greffé, et la peur de l'échec de la greffe.
La période postopératoire n'est pas moins facile car, bien qu'il
soit soulagé d'avoir pu bénéficier d'une transplantation, le patient a d'autres
angoisses, liées à une dose massive de médicaments ou aux risques liés à la
greffe. Le greffon n'est pas toujours toléré par l'organisme, et privés de ses
défenses immunitaires, le malade n'est pas sûr de résister à une éventuelle
infection.
Quand on leur parle d'avenir, les personnes greffées restent
parfois songeuses, surtout les plus jeunes. Certains pensent que leur organe
tiendra toute une vie... Les médecins sont là pour leur rappeler que ce n'est
pas une perspective très réaliste.
Après l'intervention, le patient peut présenter des symptômes de confusion mentale, de
dépression, voire traverser un épisode psychotique (maladie mentale) qui se manifeste par un délire plus ou
moins important. Ces troubles sont le plus souvent présents sur les
transplantés cardiaques, cardio-pulmonaires et hépatiques. Ils sont dus à un
long séjour en réanimation et par les doses massives de cyclosporine (médicament immunosuppresseur) qui leur sont administrées pour éviter le
rejet (antidépresseurs, neuroleptiques ou anxiolytiques).
Dans certains cas, après que le transplanté retourne dans son
foyer, il peut être habité par l'angoisse de la mort, il est si terrifié à
l'idée de perdre le greffon qu'il ne parvient pas à reprendre pied, il est
l'affût du moindre signe annonciateur de complications. et ne parvient plus à
retrouver une vie normale. Mais même si certains considèrent pendant longtemps
que cet organe est étranger et ont du mal à se l'approprier, il ne faut pas
généraliser car dans bien des cas, les patients ne ressentent pas de troubles
et reprennent une vie sereine.
Pour limité les problèmes psychologiques liés à la greffe, tout
les patients bénéficient d'un entretient systématique lors du bilan de pré
transplantation. Mais dans la pratique, tous les services de transplantations
ne dispose pas d'un psychologue attitré. Ainsi, certains patients bénéficient
encore d'une greffe sans aucun soutien ni suivi psychologique.
3) Les traitement
Le Traitement ce fait par des immunosuppresseurs.
L'objectif est d'affailir le système immunitaire du greffé en réduisant ses
défenses immunitaires, afin qu'il ne puisse pas combatre le greffon, tout en le
gardant à un seuil assez élevé pour qu'il puisse maintenir son rôle qui
consiste à proteger l'organisme. Ce traitement compliqué à équilibrer devra
tenir jusqu'à la fin de la duré de vie du greffon. En prenant ces médicaments
le patient sera contraint a une hygiène de vie très rigoureuse, interdiction du
tabac, limitation de l'alcool et un contrôle du poids stricte. Le patient devra
aussi prendre impérativement ses médicaments tous les jours, et l'ordonance
qu'il reçevra doit être parfaitement respectée (nombre et heures de prise). Il
faut prendre des comprimés toutes les douzes heures, donc toujours les avoirs
sur soi. Le patient doit donc être « discipliné », Il devra être prudent,
surtout pendant les semaines suivant l'opération. Car des études montrent que
dans un cas sur trois, l'échec d'une greffe est dû au non respect du traitement
par le patient.
Il n'existe pas de traitement spécifique après une greffe,
cela dépendra de l'organe transplanté et du système immunitaire du patient. il
aura donc une ordonnance spécifique. Et c'est l'association de plusieurs
médicaments qui va être prescrite par le médecin.
Chaque molécule à ses effets secondaires (par exemple :
impossibilité de rester longtemps au soleil, verrues..), et l'immunosuppression
a ses effets indésirables également. En effet, le risque d'infections et
cancers n'est pas négligeable. Mais une surveillance quotidienne et un
traitement adapté garantirons de limiter ces effets. Les médicaments ayant pour
but de réduire les défenses immunitaires du patient le rendent extrêmement
sensible à toutes les agressions extérieures. C'est pour cela qu'il doit se
rendre immédiatement chez son médecin au moindre signe d'infection bactérienne,
virale, ou due à un champignon. A la moindre douleur ou fièvre, le patient
devra également se rendre chez le médecin. Car ces derniers peuvent être le symptôme
d'une réaction négative au traitement. Plus les traitements sont pris tôt,
mieux on en vient à bout.
Certains patients réagissent mieux que d'autres au
traitement ou résistent plus aux infections. d'autres supportent plus
facilement les effets secondaires des médicaments. Tous réagissent d'une façon différente
au traitement. Voilà pourquoi la vigilance du patient ne devra jamais être
relâchée.
Il faut aussi noter que lorsque l'on est sous un
traitement immunosuppresseur, les précautions dans la prise des médicaments est
primordiale. Car le fait d'absorbé plusieurs types de médicaments en même
temps. Donc en quelque sorte de les mélanger, peut provoquer une modification
des propriétés des médicaments, ce qui pourrait les rendre toxiques.